Plus loin que la RSE


Pablo ISLA, Dirigeant du groupe INDITEX,  Maison Mère du groupe ZARA, prêt à porter, a été classé Meilleur PDG du monde pour 2017 par la Harvard Business Review sur 1800 entreprises alors que le N° 1 d’AMAZON, en tête de ce classement depuis de nombreuses années est relégué à la 71ème place malgré ses excellents résultats financiers !

Pourquoi ? Parce que la Harvard Business Review, nous rappelle Annie KAHN dans sa chronique du Monde : « Ma vie en boîte », considère que les seuls résultats financiers ne sont plus suffisants.

Les actes du Dirigeant d’entreprise en matière de RSE pèsent désormais 20 % dans la note finale du classement.

Ce virage tient avant tout à des raisons économiques qui se situent sur le long terme et il s’appuie aussi sur la prise en compte de la volonté des jeunes générations d’exercer une activité porteuse de sens.

Mais si la RSE a le mérite de stimuler certaines pratiques vertueuses, en particulier dans la protection de l’environnement, elle laisse encore des espaces vides comme l’optimisation fiscale systématique.

Cela explique que plusieurs dirigeants « épinglés » dans les « Paradise Papers » figurent quand même en bonne place dans le classement de la Harvard Business Review.

Annie KAHN pose la question : un nouveau consensus pourrait-il émerger selon lequel les pratiques fiscales nuisibles à la société dégradent la note RSE comme c’est le cas pour les comportements nuisibles à l’environnement ?

Il semble qu’une prise de conscience se fasse du risque politique que représente l’accroissement des inégalités fiscales : le PDG du Boston Consulting Group, Hans-Paul BURKNER et 3 de ses Associés qui conseillent les plus grandes entreprises de la planète exhortent leurs clients, les Dirigeants, à rompre avec cette culture de l’optimisation fiscale et avec les rémunérations exorbitantes, cela « pour acquitter leur part du financement des biens communs ! ».

Selon M. BURKNER, « une large majorité des dirigeants ressentent vivement leurs responsabilités vis-à-vis de la société et y réfléchissent. Si les entreprises vont trop loin dans l’exonération fiscale, elles risquent de déstabiliser le système sur lequel elles reposent ».

 

Rédigé par Paul-André FAURE