Le jour où je ferais ce que je dis


C’est le titre d’une chronique du Philosophe Charles PEPIN.

Il dit : « pourquoi alors suis-je incapable d’appliquer à ma propre vie, les préceptes que je sais si bien enseigner à autrui ? Comment puis-je être l’inverse de celui que je suis sur l’estrade dans la chronique que j’écris ou ailleurs ? Pourquoi est-ce que moi je continue à me prendre les murs de face ? A ne pas supporter de tout comprendre alors que je répète à mes élèves qu’il faut cesser de vouloir tout comprendre pour être capable d’être à l’écoute d’un texte…

Le lâcher prise, je ne le connais qu’en théorie. Les obstacles, je les prends au bras de fer. Les gens que j’aime, je leur en demande trop, incapable que je suis d’accepter les temps morts, les hésitations, les moments de battement. Je suis un fou de volonté, j’ai dû tomber dedans petit.

Je ne cesse de vouloir que lorsque l’épuisement et les murs pris de plein fouet, m’obligent enfin à un arrêt…

Pourquoi est-ce que je parle si bien de quelque chose que je ne sais pas vivre ? J’en parle si bien justement parce que je ne sais pas le vivre. « Plus d’un qui n’a pu libérer ses propres chaînes, a su pourtant en libérer son ami », écrit NIETSZCHE magnifiquement. Ce n’est pas parce que je suis malade que je ne peux pas vous prodiguer la grande santé. Ce n’est pas parce que je suis fou, que je ne peux pas vous aider à trouver la sagesse ni parce que je suis plein de haine, que je ne peux pas vous aider à vous remplir d’amour. On devrait soupçonner tout prédicateur d’offrir dans son prêche l’image inversée de ce qu’il est mais qu’il combat et le remercier d’autant : « c’est son mal qui nous fait du bien, sa servitude qui nous libère, sa petitesse qui nous grandit » »

Par Paul-André FAURE, Consultant Senior, Dirigeant Fondateur d’INNOE