Interview d’Hubert DUCROT, Directeur Général de REVILLON CHOCOLATIER


Interview d’Hubert DUCROT, Directeur Général de REVILLON CHOCOLATIER  réalisée par Paul-André FAURE, consultant et fondateur d’Innoé, conseil en recrutement de cadres, de dirigeants et d’experts, coach professionnel :

Hubert DUCROT, Ingénieur ISARA et Master en Marketing  de l’ESSEC, dirige REVILLON CHOCOLATIER depuis 5 ans.

REVILLON CHOCOLATIER est une  filiale du groupe agro- alimentaire familiale français SAVENCIA : 22 000 personnes dans le monde.
Le siège social de REVILLON CHOCOLATIER est à Roanne (42), avec 4 sites de production dans la proche région.
Pour en savoir plus : www.revillonchocolatier.fr

L’entreprise emploie 450 salariés en période haute liée à la saisonnalité  , elle produit 400 millions de « Papillotes » chaque année.  Il en existe 16 variétés en 2019, classiques comme très innovantes  et des produits correspondants aux fêtes de Pâques : petites  fritures, œufs  en chocolats …
La saisonnalité est un enjeu majeur d’organisation et de motivation des équipes pour REVILLON CHOCOLATIER qui a su faire d’une difficulté un atout.

Quelle est l’activité  de REVILLON CHOCOLATIER ? Comment décrivez-vous votre métier ?

« Nous sommes experts en chocolat qui enchantent les fêtes ».

Qu’est ce qui caractérise REVILLON CHOCOLATIER ?

Depuis une dizaine d’années, nous avons mis en place une autre façon de manager en partant de l’équipe  industrielle cela a irrigué toute l’entreprise, et accompagne nos investissements en permanence.
On a appris à vivre en mode d’auto apprentissage, et à développer une forme « d’entreprise libérée ».
Les mots ont été mis au fur et à mesure sur nos pratiques, nous ne sommes pas partis de concepts théoriques.

Nous avons créé la polyvalence des responsabilités dans un binôme composé du « responsable d’activité » qui peut avoir jusqu’à 80 personnes en responsabilité et du « référent ». Nous nous situons ainsi entre management et mode projet.

Une organisation qui s’auto anime, qui donne de l’autonomie et limite les jeux de pouvoir. On a des rituels, mais pas de processus formalisés, « c’est celui qui fait qui sait ».
Les remontées vers Le Directeur industriel ne sont que pour des arbitrages.

L’Amélioration Continue est réglée par des méthodes, mais nous avons préféré une coordination horizontale à des processus écrits, et cela fonctionne bien :

  • chacun est impliqué et a des marges de manœuvre
  • cela nous permet de faire face aux aléas d’activité de notre secteur saisonnier
  • cela génère une simplicité de posture hiérarchique, pas de grade, une organisation non pyramidale, courte, à seulement 3 échelons dans l’entreprise
  • enfin une approche humaniste des relations

Le résultat de cette organisation est matérialisé par le fait que 78% des collaborateurs (en 2016) pensent que Révillon est une entreprise où il fait bon travailler.

Le développement de REVILLON CHOCOLATIER, la croissance de notre Chiffre d’affaires et de nos résultats économiques en témoignent.

Un sentiment de fierté d’appartenance à l’entreprise se dégage et est perçu par l’ensemble des salariés.
Voici quelques-uns des mots retenus à l’issue d’un séminaire de l’ensemble des managers pour qualifier l’entreprise :
« Conviviale, partage, famille, cohésion, vivant, humain, inspiration … » cela est parlant !

Comment est organisé le comité de Direction ?

8 personnes : une journée par mois régulièrement, + 10 journées sur des sujets précis. Le collectif est important.

Quelle est votre approche managériale ?

On évite le mode réactif, impatient, nous sommes sur un mode écoute, on prend le temps. Le « top down » est un facteur de stress, nous avons choisi de prendre le temps et d’avoir la parole juste.
Nous avons bénéficié du conseil de TOSCANE un cabinet qui intervient pour certaines filiales du groupe qui nous aide à passer du mode « je dois » au mode « j’ai envie ».
L’approche managériale de REVILLON peut être définie de la manière suivante : « on cherche à inspirer, pas à imposer ».
Nous donnons un cadre, nous guidons en sortant des méthodes directives. Nous préférons mieux définir le cap pour laisser à chacun la définition du chemin de conduite de leur projet, donner de l’autonomie.

A quoi êtes- vous attentif pour que cela fonctionne au mieux ?

Il faut des équipes à l’aise avec le système d’auto-organisation proposé et mis en œuvre, cela suppose de recruter des collaborateurs qui correspondent à cette philosophie.
Pour cela, il faut augmenter notre finesse de perception des compétences des candidats, mettre en place des assessments en parallèle du processus de recrutement.
Bien que nous soyons à Roanne, on a le temps de ne pas se précipiter pour recruter dans cette période de pénurie de cadres, on évite l’urgence des recrutements, on anticipe avec des marges de manœuvre.

Quelle est votre contribution en tant que N°1 ?

Ma contribution est d’inspirer, de ne pas imposer, et de susciter des initiatives, par exemple :
Une de nos collaboratrices « cadre » a suivi une formation « J’arrête de râler au boulot », elle est devenue formatrice sur ce thème en parallèle de son poste  pour toute notre entreprise.
C’est gagnant gagnant, beaucoup plus efficace, crédible et encourageant pour porter ce sujet avec facilité sur un mode participatif non artificiel, non imposé.

CHOCOLATIER REVILLON est une entreprise performante, où il fait bon travailler et vivre.
Je suis heureux de pouvoir montrer que c’est une réalité, que c’est possible avec mes convictions de chef d’entreprise.


Interview réalisée par Paul-André FAURE – Consultant en Executive Search, Coach professionnel et Dirigeant fondateur d’Innoé
paul-andre.faure@innoe.fr