Interview de Xavier RIESCHER, PDG du groupe PANZANI


Interview de Xavier RIESCHER, PDG du groupe PANZANI

 

Le groupe PANZANI représente un ensemble de 2000 personnes, actives dans 13 usines dont 11 en France. PANZANI, après plusieurs LBO avec PAI, a désormais pour actionnaire le groupe ELBO (1er groupe agroalimentaire espagnol). Le siège de PANZANI est à Lyon, une visite des sites internet de PANZANI est indispensables pour en savoir plus : http://www.groupe-panzani.com/

5 activités dans le périmètre de PANZANI et dans la responsabilité directe de Xavier RIESCHER son PDG :
– Epicerie : pâtes PANZANI, sauces riz, couscous
– Frais : LUSTUCRU pâtes fraîches
– Semoules : produits intermédiaires
– BIO : avec CELNAT et d’autres marques en Espagne
– Prémium : avec GAROFALO France, et BERTAGNI des marques de luxes en pâtes sèches et fraîches

En venant de LU, Xavier RIESCHER est arrivé chez PANZANI en tant que Directeur du Marketing (recruté par DANONE et Franck RIBOUD). Il est devenu DG du Groupe en 2007 après avoir contribué au redressement de PANZANI par l’innovation notamment et par certaines convictions en management.

 

Paul-André FAURE, Innoé : Sur le plan managérial, quelle caractéristique majeure distingue PANZANI ?
Xavier RIESCHER :

Le Comité de Direction du groupe PANZANI compte 50 % de femmes. Elles occupent les fonctions de direction au sein du CODIR pour la Supply Chain, les Ressources Humaines, le Marketing, le Contrôle de Gestion, l’activité Produits BIO et la R&D.

C’est le fruit d’une volonté, mais c’est avant tout le résultat des talents des uns et des autres pour obtenir un bon équilibre. La façon d’appréhender les sujets est différentes entre femmes et hommes et il y a incontestablement un plus apporté par les femmes.

Je suis directement impliqué et concerné par les recrutements pour les membres de l’équipe de direction.

Cela n’est pourtant pas le critère de décision finale, ce qui compte pour moi c’est de prendre les meilleurs.

Nous prévoyons dans le cadre de la RSE que 50 % des fonctions de cadres et chefs de service soient tenues par des femmes en 2025 dans l’entreprise.

 

A quoi êtes vous attentif lors de l’intégration de nouveaux cadres dirigeants ?

Mon début de parcours s’est fait chez COLGATE, en tant que Chef de Produit. La culture de COLGATE n’était pas « intégrative », j’ai été mis en situation directe pour voir comment je réagissais.

C’était la pratique.

Ce modèle me convient toujours aujourd’hui, je laisse de l’autonomie, tout en restant disponible si la personne qui nous rejoint à ce niveau a besoin de clés, mais je ne « materne » pas.

Avec du recul, je pense que quand il y a échec, c’est plus sur le recrutement lui-même que sur l’intégration.

 

Quel modèle de management inspirez- vous dans l’entreprise en tant que N°1 du groupe PANZANI ?

Nous sommes très orientés sur le résultat ce qui sous-tend une forte autonomie et responsabilisation des hommes et des femmes de Panzani.

C’est comme cela que nous sommes devenus N°1 sur tous nos métiers avec pratiquement 40 % du marché des pâtes et N°2 du marché mondial des pâtes fraîches.

Ma source d’inspiration n’est pas DANONE. Elle reste COLGATE, où j’ai appris une chose essentielle : un stagiaire peut avoir raison contre un Directeur. Ne mépriser personne comme si souvent les élites françaises le font mais au contraire voir en chacun, de la femme de ménage au Directeur quelqu’un de grand.

Or dans la culture française, on pense que plus on est haut placé, plus on sait.

L’histoire moderne montre combien les élites se sont trompées et combien le bon sens terrien dirait Péguy est plus efficace que le savoir des puissants.

 

Et l’international pour PANZANI ?

Ma formation d’origine est, après mes Classes Préparatoires à Henri IV, l’EAP qui a fusionné avec l’ESCP devenant ESCP Europe, un Diplom Kaufmann et un Mastère à l’ESCP. J’ai étudié à l’université 1 an à Berlin et 1 an à Oxford. Très jeune, j’ai vécu dans cet environnement international où l’étranger est la norme. L’international est naturel. Il nous faudra dans l’avenir des non français dans le CODIR…

 

Enfin, une recommandation pour des futurs ou d’autres chefs d’entreprises et la constitution de leurs équipes de direction ?

Je recommande « modestement » : de doser les profils, d’éviter la consanguinité, de mêler des profils très différents, de créer la mixité Homme/Femme bien sûr pour chahuter le groupe.

Et surtout avoir à bord des personnes qui ont la force de contester, de dire la vérité. Des personnes qui peuvent suivre la politique du groupe, tout en étant capable de « décadrer », d’être alerteur, de pouvoir dire « non ».

 

Interview réalisée par Paul-André FAURE , Innoé , Consultant et dirigeant fondateur