Dirigeants et DRH, l’alliance clé dans l’entreprise


La relation entre numéro 1 et DRH est l'une des clés de l'excellence et de la performance durable de l'entreprise. C'est ce qui a été mis en avant dans plusieurs ateliers de travail qui ont réuni 150 PDG/DG et DRH jusqu'en novembre 2014. Apparue et exprimée depuis une quinzaine d'années une nouvelle forme d'alliance managériale a émergé avec des rapports refondus et plus subtils.

 

La question de fond est : une alliance nouvelle et favorable au succès de l'entreprise dans la durée émerge-elle entre ces deux protagonistes de l'entreprise ? Passons en revue les conceptions respectives.

 

 Du point de vue des N°1

  • La maîtrise des fondamentaux, du basique du métier est un socle incontournable. Le DRH fait respecter en expert les règles et la technicité des matières (droit du travail, comp&ben, SIRH ...), mais il le fait avec agilité, au service de l'activité de l'entreprise, proche des opérationnels dont il connait le métier et les enjeux
  • Le transfert vers les dirigeants opérationnels d'une partie de son activité RH, (management), permet au DRH de se consacrer à des missions plus stratégiques et sensibles.
  • Un DRH doit être en ligne avec la culture et l'activité de l'entreprise.

 Pour les DRH 

  • Le DRH est un membre de l'équipe dirigeante qui se situe avec humilité dans l'influence plus que dans le pouvoir. Discernement et sensibilité lui permettent d'aller au-delà , au- dessus de sa mission. Il est le seul à injecter de l'humain dans la stratégie et le business pour faire vivre ensemble les collaborateurs dans un environnement complexe tout en ayant une dimension économique.
  • Le DRH est coach interne au sein de l'équipe de direction, un acteur du changement, positionné sur "comment le mettre en œuvre".
  • Un contrepoids en dialogue et concertation dans l'exercice de l'autorité du N°1 par sa connaissance de tous les acteurs et enjeux de l'entreprise (opérateurs, employés, management de proximité et intermédiaire, membre du Codir, etc).

 

 Les clés de succès de la relation N°1 / DRH sont :

  • La confiance réciproque (savoir écouter et entendre) et le soutien mutuel.
  • L'univocité préparée avec du temps et de la proximité.
  • Le courage (oser dire).
  • La reconnaissance par le N°1 de la spécificité du métier de DRH. En effet , le DRH est particulièrement exposé aux paradoxes suivants : alignement sur le dirigeant versus expression du désaccord. Courage, intransigeance versus souplesse. Froideur, détachement versus dimension humaine ... Seule cette prise de conscience par le N°1 permet de protéger le DRH dans sa position singulière .
  • Libérer le DRH des aspects réglementaires du droit social et du travail, en évolution incessante, qui le tirent vers le bas pour le laisser se consacrer aux missions à forte valeur ajoutée en support du management et de la stratégie de l'entreprise.

 

Une nouvelle alliance managériale

La réponse à la question sur l'émergence d'une nouvelle alliance managériale entre le N°1 et le DRH est en large partie un vrai oui. Apparue et exprimée depuis une quinzaine d'années, cette forme d'alliance a non seulement émergé, mais elle est avérée aujourd'hui. La tendance de fond est que Le DRH accède à une dimension supplémentaire dans l'entreprise grâce à la complexité du monde et à son incertitude érigée en règle. La relation d'alliés entre le N°1 et le DRH est essentielle, mais bien spécifique et subtile par la nature même du sujet des Ressources Humaines et du management. C'est avant tout un pari entre deux personnes dans un contexte qui la rend possible.

Les N°1 peuvent aider les DRH à se libérer, à renforcer leur reconnaissance dans l'entreprise et leurs missions à forte Valeur Ajoutée, mais c'est aussi aux DRH de construire leur légitimité en développant aussi leurs propres compétences au service de cette posture renouvelée. Cette alliance managériale nouvelle est une réalité en augmentation constante car les N°1 éclairés en ont bien perçu les avantages compétitifs pour leur entreprise sur leur marché et l'intérêt qu'ils en retirent pour l'exercice de leur propre mission en termes de confort, et d'efficacité.

Elle reste toutefois encore un "rêve de DRH" pour une catégorie d'entreprises dont les N°1 sont soit trop dans l'action ou trop dans la méfiance ou encore coincés dans des gouvernances et des dettes paralysantes... Les à-coups et les difficultés de l'économie sont des facteurs aggravants. Il suffit de savoir dans quelle catégorie on se situe et on veut évoluer. En tous cas la durée et l'entretien de cette alliance démontre que l'on récolte bien ce qui a été bien semé !

Paul-André FAURE, Dirigeant Fondateur D'INNOE