Ego, mais pas trop !


Le leader montre la voie, inspire son entourage et son influence est essentielle. Pour autant, selon Jacqueline Carter, coauteure avec Rasmus Hougaard de « The Mind of the Leader : How to Lead Yourself, Your People, and Your Organization for Extraordinary Results », le risque est réel de voir son ego s’hypertrophier.

En est-il seul responsable ? Pas vraiment, car ceux qui l’entourent sont susceptibles de vouloir lui faire plaisir en lui prêtant une oreille attentive, en étant plus souvent d’accord avec lui. Un phénomène que David Owen, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, et Jonathan Davidson, professeur de psychiatrie et de sciences du comportement à l’université Duke, appellent le « syndrome de l’hubris » et qu’ils définissent comme étant un « trouble de la détention du pouvoir, en particulier du pouvoir associé à des années de succès ».

Ego débridé qui peut biaiser notre perception de la réalité et fausser nos valeurs, réduire notre champ de vision et en altérant notre comportement, nous rendre manipulables et nous amener à agir à l’encontre de nos valeurs. Il nous empêche de tirer les leçons de nos erreurs et érige une barrière défensive qui bride l’assimilation des enseignements que nous pourrions tirer des échecs essuyés.

Victime de son besoin d’être perçu comme quelqu’un de formidable, le leader finit par prendre des décisions qui peuvent être dommageables pour lui-même, son équipe et son entreprise.
Jacqueline Carter livre des pistes pour se libérer d’un ego démesuré qui accompagne le succès et qui risque d’enfermer les leaders dans une bulle tout en altérant leurs décisions :

  • «Recensez les avantages et privilèges que vous offre votre position. Certains vous permettent d’être plus efficace dans votre travail… D’autres ne servent qu’à promouvoir votre statut et votre pouvoir et, à gonfler votre ego. Réfléchissez aux privilèges dont vous pouvez vous passer….
  • Soutenez, développez les relations et travaillez avec des individus qui ne contribueront pas à l’inflation de votre ego. Embauchez des collaborateurs intelligents qui ne craindront pas de dire ce qu’ils pensent.
  • L’humilité et la gratitude sont les pierres angulaires de l’abnégation. Prenez l’habitude à la fin de chaque journée de repenser à tous les individus qui ont contribué à votre succès ce jour-là. Concluez cette réflexion en envoyant un message de remerciement à ces gens-là. »

En tant que N°1 de l’entreprise, comment choisissez-vous d’exprimer votre leadership pour « débrider » l’excellence de vos équipes ?

 

 

Rédigé par Nicole Sibeud – Consultante Senior – Associée d’INNOE
nicole.sibeud@innoe.fr